Loméa
Ingrédients

AHA, BHA, PHA : le guide des acides exfoliants

AHA, BHA, PHA : trois familles d'acides exfoliants aux tempéraments distincts. Ce qu'elles apportent à la peau, leurs différences réelles et comment choisir la vôtre.

La rédaction Loméa 8 min de lecture
AHA, BHA, PHA : le guide des acides exfoliants

Deux sigles reviennent sans cesse sur les étiquettes des sérums et des lotions : AHA, BHA. Un troisième s’y ajoute parfois, plus discret — PHA. Derrière ces abréviations se cache une même idée, exfolier la peau sans la frotter, et trois familles d’acides aux tempéraments bien distincts. La première travaille la surface et l’éclat ; la deuxième s’intéresse aux pores ; la troisième avance à pas feutrés, pensée pour les peaux qui tolèrent peu. Encore faut-il savoir laquelle correspond à votre peau, à quel rythme l’inviter dans votre routine, et quelles précautions accompagnent ces actifs réputés — à juste titre — exigeants. Ce guide démêle les trois familles, sans jargon inutile ; à la fin, vous saurez précisément où vous situer.

L’exfoliation chimique, ou l’art d’exfolier sans frotter

La peau se renouvelle en permanence. Les cellules naissent en profondeur, migrent lentement vers la surface, s’aplatissent, puis se détachent — un cycle silencieux d’environ quatre semaines. Avec l’âge, la fatigue, les variations de saison ou une peau simplement paresseuse, ce détachement final se fait moins bien ; les cellules mortes s’attardent, le teint se voile, le grain se brouille au toucher.

L’exfoliation vise à accompagner ce geste naturel. Deux écoles s’y consacrent. La première est mécanique : grains, poudres, frictions — c’est le territoire du gommage classique. La seconde est chimique, et c’est elle qui nous occupe : les AHA, BHA et PHA desserrent délicatement le « ciment » qui retient les cellules mortes entre elles, sans le moindre frottement. Le paradoxe n’est qu’apparent : bien dosée, l’exfoliation chimique est souvent plus homogène et plus prévisible qu’un gommage appuyé, car elle ne dépend pas de la main qui frotte.

Une précision utile avant d’entrer dans le détail : les acides exfoliants vendus en cosmétique le sont à des concentrations encadrées, pensées pour un usage à domicile. Les peelings plus concentrés relèvent, eux, du cabinet de dermatologie ou de médecine esthétique.

Les AHA : la surface et l’éclat

Les alpha-hydroxy-acides forment la famille la plus connue. Beaucoup sont d’origine végétale ou naturelle — canne à sucre, fruits, lait — ce qui explique leur autre nom, « acides de fruits ». Leur trait commun : ils sont hydrosolubles, solubles dans l’eau, et agissent donc là où ils se posent, à la surface de la peau.

C’est précisément ce qui fait leur intérêt. En aidant les cellules mortes à se détacher, un AHA contribue à révéler un teint plus lumineux, à affiner visuellement le grain et à adoucir la texture. La peau paraît plus nette, plus fraîche ; la lumière s’y accroche mieux.

La famille compte trois visages principaux. L’acide glycolique, le plus petit de tous, est aussi le plus incisif : il pénètre vite et travaille franchement — on le réserve aux peaux qui le tolèrent. L’acide lactique, plus volumineux, avance avec davantage de retenue et possède une affinité naturelle avec l’hydratation de la peau. L’acide mandélique, enfin, est le plus large des trois : sa pénétration lente en fait le plus doux de la famille.

Pour qui ? Les AHA s’adressent d’abord aux teints ternes ou brouillés, aux grains de peau irréguliers et aux peaux qui souhaitent accompagner les premiers signes de l’âge avec un geste mesuré.

Le BHA : l’acide salicylique et l’affinité pour les pores

La famille des bêta-hydroxy-acides se résume, en cosmétique, à un seul représentant : l’acide salicylique. Répondons d’emblée à une question fréquente : non, il ne s’agit pas d’un AHA. La distinction n’est pas un détail de chimiste, elle change tout à l’usage.

Le BHA est liposoluble — soluble dans le gras. Là où les AHA restent en surface, lui se faufile à l’intérieur du pore, dont il apprécie l’environnement riche en sébum. Il y aide à désincruster l’excès de sébum et les cellules mortes qui l’encombrent, ce qui contribue à atténuer l’apparence des points noirs et à resserrer visuellement le grain sur la zone T.

C’est donc l’allié naturel des peaux grasses ou mixtes, des pores encombrés et des brillances tenaces. Une nuance s’impose toutefois : l’acné constituée est une affaire dermatologique. Un soin cosmétique au BHA accompagne l’apparence de la peau ; il ne remplace ni un diagnostic ni un traitement prescrit par un professionnel de santé.

Les PHA : la voie douce des peaux sensibles

Troisième famille, plus récente sur les étiquettes : les poly-hydroxy-acides, dont les représentants les plus courants sont la gluconolactone et l’acide lactobionique. Leur particularité tient à la taille de leurs molécules, nettement plus volumineuses que celles des AHA. Conséquence directe : elles pénètrent lentement, restent en surface et sollicitent la peau avec une grande retenue — la sensation de picotement, fréquente avec un glycolique, se fait ici discrète, voire absente.

Les PHA présentent un second atout : une affinité avec l’eau qui leur confère un effet hydratant d’appoint, bienvenu sur les peaux fines. Ils constituent ainsi la porte d’entrée idéale vers l’exfoliation chimique pour les peaux sensibles ou réactives, celles qui ont renoncé aux gommages et n’ont jamais toléré un acide. La progression y est plus lente ; elle est aussi plus sereine.

AHA, BHA ou PHA : choisir selon sa peau

Il n’existe pas de hiérarchie entre ces trois familles — seulement des affinités. Quelques repères simples permettent de trouver la sienne.

Un teint terne, un grain brouillé, des marques qui s’attardent : les AHA sont le choix naturel, l’acide lactique pour commencer, le glycolique pour les peaux aguerries. Une peau grasse, des pores encombrés, des brillances : le BHA s’impose, puisqu’il est le seul à travailler au cœur du pore. Une peau sensible, réactive, facilement rosée : les PHA — ou, à défaut, l’acide mandélique — offrent la progression la plus douce. Une peau mixte, enfin, peut raisonner par zones ou par alternance : le BHA sur la zone T une semaine, un AHA doux l’autre.

Peut-on combiner ? Certaines lotions associent habilement AHA et BHA à faibles doses, et l’idée n’a rien d’hérétique. Mais lorsqu’on débute, mieux vaut une seule famille à la fois : la peau exprime plus clairement ce qui lui convient, et l’on ajuste d’autant mieux. Affiner le grain de peau est une œuvre de patience, non de superposition.

Lire une étiquette d’exfoliant : concentrations et pH

Deux produits affichant le même acide peuvent se comporter très différemment ; l’étiquette permet d’anticiper. Le premier repère est la concentration. En usage cosmétique à domicile, les AHA s’expriment le plus souvent entre 5 et 10 % — en deçà, l’action est surtout un accompagnement de l’éclat ; au-delà, on entre dans des formules d’initiés. L’acide salicylique, lui, se rencontre entre 0,5 et 2 %, une fourchette volontairement étroite qui suffit à son travail dans le pore. Les PHA, enfin, tolèrent des pourcentages plus généreux précisément parce que leur pénétration est lente.

Le second repère, plus discret, est le pH de la formule : un acide n’exfolie réellement que dans un environnement suffisamment acide. Les maisons sérieuses le maîtrisent avec soin — c’est l’un des marqueurs silencieux d’une formulation exigeante, au même titre qu’une liste d’ingrédients courte et lisible. Méfiez-vous en revanche des recettes de « peeling maison » à base de jus de citron ou de vinaigre : leur acidité est aussi imprévisible que leur intérêt, et la peau mérite mieux que l’improvisation.

Les intégrer à sa routine sans sur-exfolier

Le vrai risque des acides exfoliants n’est pas leur nature ; c’est l’enthousiasme. La sur-exfoliation — trop souvent, trop concentré, trop tôt — reste l’erreur la plus répandue, et la plus simple à éviter.

La fréquence d’abord : une application par semaine pour commencer, le soir, sur peau propre et sèche ; puis deux, puis trois si la peau approuve. L’usage quotidien n’est ni nécessaire ni souhaitable pour la plupart des peaux. Le moment ensuite : le soir, car la peau fraîchement exfoliée apprécie peu le soleil. Les AHA, en particulier, rendent la peau plus sensible aux UV ; une protection solaire le matin est indispensable pendant toute la période d’utilisation, et quelques jours après.

Les associations, enfin. Le soir où l’acide officie, on lui laisse la scène : ni rétinol, ni second exfoliant, ni vitamine C concentrée au même moment — ces actifs se croisent dans une même routine hebdomadaire, jamais dans une même soirée. Autour de l’exfoliation, la peau réclame surtout des fondamentaux : un nettoyage doux, une hydratation généreuse.

Restent les signaux d’alerte, qu’il faut savoir écouter : tiraillements persistants, rougeurs inhabituelles, sensibilité au moindre soin. Ce langage-là signifie « pause » — quelques jours de soins simples suffisent le plus souvent à rétablir le confort. Et sur une peau lésée, ou en cas d’affection cutanée, l’avis d’un dermatologue précède toujours l’usage d’un exfoliant.

L’exigence du geste mesuré

Les acides exfoliants illustrent une conviction que nous cultivons chez Loméa : la sophistication n’est pas l’accumulation. Un seul acide bien choisi, au bon rythme, accompagné d’une hydratation soignée, fait davantage pour l’éclat qu’un empilement de promesses. C’est une leçon très parisienne, au fond — celle du geste mesuré, appris auprès des formulateurs français pour qui la peau se respecte avant de se transformer. AHA pour la lumière, BHA pour la netteté, PHA pour la douceur : à chacun sa famille, à chacune son tempo. Le reste n’est que régularité.

Questions fréquentes

C'est quoi, les AHA et les BHA ?

Ce sont deux familles d'acides exfoliants utilisées en cosmétique. Les AHA (alpha-hydroxy-acides, comme l'acide glycolique ou l'acide lactique) agissent en surface pour raviver l'éclat et lisser le grain de peau ; le BHA (acide salicylique) est liposoluble et travaille plutôt au niveau des pores. Tous deux exfolient sans friction, par simple affinité chimique.

Quels produits ne pas associer aux AHA et BHA ?

Le soir où l'on applique un exfoliant chimique, on évite de superposer le rétinol, un autre exfoliant ou une vitamine C concentrée : ces associations augmentent le risque d'inconfort. On les répartit plutôt sur des soirs différents, et l'on garde une routine simple autour de l'acide — nettoyage doux et hydratation.

L'acide salicylique est-il un AHA ?

Non. L'acide salicylique est le représentant de la famille des BHA (bêta-hydroxy-acides). À la différence des AHA, qui sont hydrosolubles et agissent en surface, il est liposoluble : il a une affinité pour le sébum, ce qui lui permet d'aider à désencombrer les pores.

Quel est le rôle d'un AHA sur la peau ?

Un AHA aide à détacher les cellules mortes qui s'accumulent en surface et voilent le teint. Utilisé avec régularité et mesure, il contribue à un teint plus lumineux, à un grain de peau visuellement affiné et à une texture plus douce au toucher.

À quelle fréquence utiliser un exfoliant chimique ?

On commence par une application par semaine, le soir, puis on augmente progressivement jusqu'à deux ou trois selon la tolérance de la peau. L'usage quotidien n'est ni nécessaire ni souhaitable pour la plupart des peaux, et une protection solaire s'impose le matin pendant toute la période d'utilisation.

À propos de Loméa. Loméa réunit des soins naturels sourcés en France, choisis pour leur composition. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

Retour au Journal